Du 20 au 30 mars 2008, la Semaine sans pesticide a eu lieu Ă l’initiative de l’ACAP – Action Citoyenne pour les Alternatives aux Pesticides. Moins mĂ©diatisĂ©e que la semaine du dĂ©veloppement durable elle a tout de mĂŞme donnĂ© lieu Ă de nombreuses actions partout en France. Celles-ci montrent qu’il existe des alternatives viables Ă l’utilisation des pesticides de synthèse, pour produire notre alimentation, mais aussi pour entretenir son jardin ou Ă©liminer les poux de la tĂŞte de nos enfants ! François Veillerette, du rĂ©seau europĂ©en Pesticide Action Network (PAN Europe), prĂ©sident du Mouvement pour le Droit et le Respect des GĂ©nĂ©rations Futures et co-auteur avec le journaliste Fabrice Nicolino du livre « Pesticides, rĂ©vĂ©lations sur un scandale français » (Editions Fayard) dĂ©nonce pas mal de contre-vĂ©ritĂ©s.Â
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« En France, nous connaissons trois modes de production agricoles : l’agriculture traditionnelle qui utilise des quantitĂ©s impressionnantes de pesticides puisque nous sommes sur la première marche du podium au niveau europĂ©en, l’agriculture raisonnĂ©e (mise en place par les fabricants de pesticides pour faire croire que l’on faisait quelque chose) et l’agriculture biologique. Bien sĂ»r, si la troisième solution nous semble la plus recommandable, il est dommage que nous n’ayons pas connaissance d’un autre mode agricole, dĂ©nommĂ© les systèmes de productions intĂ©grĂ©s. Ce système complet, qui reprĂ©sente environ 80% du territoire suisse par exemple, propose un travail global au niveau de la plante et de son environnement. MĂŞme si elle autorise l’utilisation de pesticides si nĂ©cessaire. Elle est donc moins drastique que l’agriculture biologique et pourrait reprĂ©senter une voie de sortie pour notre agriculture intensive. Du moins, dans un premier temps…
Car il va bien falloir sortir de tous ces excès. MĂŞme les agriculteurs ont tout Ă y gagner. Au niveau de leur santĂ©, d’abord. Mais aussi au niveau de leur rentabilité : ainsi un rapport de l’INRA datant de 2005 montre que si l’on divise par deux les quantitĂ©s de pesticides utilisĂ©es pour la production de blĂ©, la rentabilitĂ© est de 80 quintaux au lieu de 87 quintaux par hectare, une diffĂ©rence très faible puisque les pesticides ont Ă©galement un coĂ»t… Tout montre qu’il va falloir mettre en place de nouveaux systèmes agricoles. Et qu’il est grand temps d’en finir avec ces bĂ©quilles chimiques qui fragilisent les plantes, les cultures, mais aussi la terre… ».


